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« Noli me tangere »


En fêtant sainte Marie Madeleine le 22 juillet dernier, ce passage de l’Évangile de la messe (Jn 20, 17) a résonné de manière un peu particulière en moi cette année. Au matin de Pâques, au moment où Marie de Magdala réalise que Celui qu’elle prend pour le jardinier est en fait Jésus ressuscité, Il lui dit : « Ne me retiens pas (ou ‘‘ne me touche pas’’ : noli me tangere, en latin), car je ne suis pas encore monté vers le Père. ». Façon de lui dire aussi qu’elle n’a pas besoin de Le toucher pour croire… contrairement à Thomas quelques jours après.

Le toucher, qui fait partie de nos cinq sens, se voit quelque peu banni depuis le début de la crise sanitaire… On pourrait se consoler en disant : « le Créateur avait tout prévu : il nous reste les quatre autres sens ! ». Il n’empêche que plusieurs personnes – des grands-parents en particulier – m’ont confié combien cela leur pesait et leur donnait l’impression d’une fuite les uns des autres, tels des lépreux… Mais j’ose nous interroger : et si cette période de « diète tactile » était l’occasion de rendre grâce au Seigneur pour ce sens du toucher et de réfléchir sur son importance dans notre vie ?
Des études montrent que le toucher physique est essentiel au bon épanouissement et à l’équilibre de l’enfant dès son plus jeune âge, en particulier de la part de ses parents. Il est l’expression de la présence, de la tendresse, de la sécurité aussi. Il participe à éduquer à l’altérité sans quoi l’enfant pourrait se prendre pour le centre de la famille, sinon du monde !
Plus généralement, que de choses peuvent se dire à travers le toucher ! La complicité, l’affection, la tendresse, le soutien moral, le pardon… Toucher quelqu’un, c’est entrer dans son premier cercle, c’est manifester sa proximité envers l’autre. Ce n’est donc pas rien et il s’agit – comme pour la parole – que les gestes soient ajustés au cœur pour qu’ils soient en vérité et respectueux de l’autre.
Le toucher nous rappelle aussi que nous appartenons à la religion de l’incarnation et que Jésus a bien des fois touché ceux qui se présentaient à Lui.
Puissions-nous, en ce temps de rentrée, revisiter notre rapport aux autres de manière à ce que, comme pour l’Eucharistie dont vous avez été privés de longues semaines, les gestes que nous pourrons de nouveau poser après cette crise soient le vrai reflet de notre cœur.

Abbé David de Lestapis+